Séance 3
Une puissance affirmée et consolidée
1947-1989
Notions / Connaissances : - Endiguement
- Guerre froide
- Doctrine Truman
- Plan Marshall
- American Way of life
- Équilibre de la terreur
Capacités : - Périodiser.
- Contextualiser.
- Identifier la nature, l'auteur et les informations accompagnant le document.
Problématique :
I. État des lieux en 1947, un rôle de leader.
A. L'affrontement idéologique : les doctrines comme principe d'intervention
Document 1 : La responsabilité des États-Unis selon Harry Truman
Truman est président des États-Unis de 1945 à 1952. Il élabore une doctrine qui vise à contenir (endiguement) l’influence de l’Union soviétique sur le monde.
« À ce point de l’histoire du monde, presque toutes les nations doivent choisir entre deux modes de vie. Leur choix, trop souvent, n’est pas un libre choix. L’un de ces modes de vie est fondé sur la volonté de la majorité et se caractérise par des institutions libres, un gouvernement représentatif, des élections libres, des garanties protégeant les libertés individuelles, la liberté de parole et de religion et l’absence de toute oppression politique. L’autre mode de vie est basé sur la volonté d’une minorité imposée par la force à la majorité. Ce mode de vie repose sur la terreur et l’oppression, une presse et une radio censurées, des élections truquées et la suppression de la liberté. Je suis convaincu que les États-Unis doivent mener une politique d’aide aux peuples libres qui résistent aux manœuvres de certaines minorités armées ou à la pression extérieure. Je suis convaincu que notre aide doit être principalement une aide économique et financière, essentielle pour assurer la stabilité économique et un processus politique en bon ordre […].
Le germe des régimes totalitaires est nourri par la misère et le besoin. Il s’étend et se développe dans la mauvaise terre de la pauvreté et de la guerre civile. Il atteint son plein développement lorsque tout espoir de vie meilleure est mort dans un peuple. Nous devons garder cet espoir vivant. »
Discours du président Harry Truman devant le Congrès américain, le 12 mars 1947.
Document 1 bis : Réponse de l'URSS, la doctrine Jdanov.
" Plus nous nous éloignons de la fin de la guerre et plus nettement apparaissent les deux directions principales de la politique internationale de l’après-guerre correspondant à la disposition en deux camps principaux des forces politiques qui opèrent sur l’arène mondiale : le camp impérialiste et antidémocratique, le camp anti-impérialiste et démocratique.
Les États-Unis sont la principale force dirigeante du camp impérialiste. […]
Les forces anti-impérialistes et anti-fascistes forment l’autre camp. L’U.R.S.S. et les pays de la démocratie nouvelle en sont le fondement [...]. Le camp anti-impérialiste s’appuie dans tous les pays sur le mouvement ouvrier et démocratique, les partis communistes frères, sur les combattants des mouvements de libération nationaux dans les pays coloniaux [...].Une tâche particulière incombe aux partis communistes frères de France, d’Angleterre, d’Italie et des autres pays. Ils doivent prendre en main le drapeau de la défense nationale et de la souveraineté de leur propre pays. "
Jdanov est un haut dignitaire du parti communiste de l’URSS et bras droit de Staline, octobre 1947
B. Mise en application de la doctrine Truman
Document 2 : Le projet d’aide à l’Europe (1947)
Le général Marshall est secrétaire d’État, c’est à dire ministre américain des Affaires étrangères. Il expose son plan le 5 juin 1947 à l’université de Harvard, aux États-Unis.
«Il est logique que les États-Unis fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour aider le monde à retrouver la santé économique normale sans laquelle il ne peut y avoir ni stabilité politique ni paix assurée. Notre action n’est dirigée contre aucun pays, ni contre aucune doctrine, mais contre la faim, la pauvreté, le désespoir et le chaos. Ses buts doivent être la renaissance d’une économie saine dans le monde pour permettre l’établissement de conditions politiques et sociales propices aux libres institutions. Une telle assistance ne doit pas être fournie par bribes1, au fur et à mesure qu’éclatent les cries; les secours que notre gouvernement peut être appelé à fournir dans l’avenir ne doivent pas être de simples palliatifs2, mais amener une véritable guérison Tout gouvernement qui sera disposé à nous aider dans cette tâche de relèvement trouvera les dirigeants des États-Unis pleinement disposés à collaborer avec lui. Tout gouvernement qui manœuvrera pour paralyser le redressement d’autres pays ne pourra s’attendre à aucune aide de notre part. De plus, les gouvernements, les partis, ou les groupes politiques qui tenteront de prolonger la misère humaine pour en tirer un profit quelconque se heurteront à l’opposition des États-Unis. […]
Il ne serait ni opportun ni efficace que nous chargions d’élaborer de façon unilatérale un programme destiné à remettre l’Europe sur pied dans le domaine économique. C’est là une tâche qui revient aux européens. À mon avis, c’est l’Europe qui doit prendre l’initiative, le rôle des États-Unis consistant à fournir leur aide amicale dans la rédaction du programme et, par la suite, un soutien pratique aux plans élaborés, dans la mesure de leurs possibilités. »
1. Par bribes :par petites quantités
2. Palliatifs : remèdes
Document 2 bis : Réponse de l'URSS, le CAEM (Conseil d'Aide Économique Mutuelle) ou COMECON.
Il est créé en 1949 mais ne devient efficace pas avant 1959. C’est une réplique soviétique face aux pays européens bénéficiant du plan Marshall. Le CAEM instaure des liens économiques très étroits entre les pays d’Europe de l’Est et l’URSS. Les activités économiques des différents pays sont décidées par Moscou. Le CAEM participe donc à l’encadrement économique des pays satellites de l’URSS.
Document 3 : Le temps des Alliances.
L’Organisation du traité de l'Atlantique nord est l'organisation politico-militaire mise en place par les pays signataires du traité de l'Atlantique nord afin de pouvoir remplir leurs obligations de sécurité et de défense collectives contre toute menace émanant du bloc soviétique.
Réaction du bloc de l'est : le Pacte de Varsovie.
Le Pacte de Varsovie était une alliance militaire conclue le 14 mai 1955 entre la plupart des États du bloc communiste par le traité d’amitié, de coopération et d’assistance mutuelle, ou Traité de Varsovie.
(Pays membres : URSS, Albanie, Bulgarie, Roumanie, RDA, Hongrie, Pologne, Tchécoslovaquie)
C. La Guerre Froide en acte : des conflits ans affrontements directs.
Exemple 1 : La guerre du Vietnam (1964 - 1975).
En bordure de la mer de Chine, le Vietnam est une nation de deux mille ans d'âge, colonisée par la France à la fin du XIXe siècle et revenue à l'indépendance en 1954 au terme de la guerre d'Indochine. Mais le pays est alors divisé en deux États rivaux, le Nord-Vietnam pro-soviétique et le Sud-Vietnam pro-occidental.
Au Sud-Vietnam éclate une rébellion communiste activement soutenue par le Nord-Vietnam. Elle va déboucher sur une nouvelle guerre dans laquelle vont s'impliquer les États-Unis et leurs alliés d'une part, l'URSS et dans une moindre mesure la Chine populaire d'autre part.
Face à la résistance du Nord-Vietnam et face à une opinion américaine de plus en plus hostile à cette guerre, le président américain Nixon décide de conclure en 1973 les accords de paix de Paris qui prévoient le retrait des troupes américaines et la libération par le Nord-Vietnam de tous les prisonniers américains.
La photographie de cette fillette nue, hurlant sous les brûlures du napalm, prise au Sud-Vietnam en juin 1972, a fait le tour du monde.
Exemple 2 : La crise des missiles de Cuba (16 octobre 1962 au 28 octobre 1962).
Exemple 3 : La construction du mur de Berlin (Nuit du 12 au 13 août 1961).
II. L'affirmation de la puissance américaine.
Déterminez pour chaque document la puissance américaine mise en relief.
III. 1950 - 1989 : la victoire du modèle américain.
Ronald Reagan
Président des États-Unis
1980 - 1988
Mikhaïl Gorbatchev
Dirigeant de l'URSS
1985 - 1991
" Il y a 10 ans, l’URSS a défié le bloc de l’Ouest en installant de nouveaux missiles SS-20, capables de frapper toutes les villes d’Europe de l’Ouest. Notre bloc a répondu par le déploiement parallèle de missiles Pershing. Ces années passées ont été des années de grande tension, mais j’invite maintenant ceux qui protestaient en 1982 contre notre fermeté à constater ceci : c’est parce que nous avons été fermes que l’URSS est revenue à la table de négociations, et qu’aujourd’hui nous sommes à envisager, non seulement de suspendre la course aux armements, mais plus encore d’éliminer des catégories entières d’armes nucléaires de nos arsenaux respectifs.[…]
Puisque je suis ici à Berlin, je dis qu’il y aurait un signe irréfutable qui montrerait la volonté réelle des Soviétiques de vivre réellement et rapidement en paix et dans la liberté : « Monsieur Gorbatchev, si vous recherchez la paix et la prospérité pour votre pays et pour l’Europe de l’Est, venez ici et faites tomber ce mur! "
Discours de Ronald Reagan devant le mur de Berlin, 12 juin 1987 (Nathan technique, Grand Format)
Dés le début de sa présidence, Ronald Reagan relance la guerre froide, sous la forme d’une nouvelle course aux armements, contre l’URSS, devenue « L’empire du mal ». En 1985, l’arrivée au pouvoir de Mikhail Gorbatchev désireux de négocier un désarment progressif aboutit au traité de Washington. Mais l’épuisement de l’URSS dû à la course aux armements apparaît comme un signe avant-coureur du prochain effondrement du bloc de l’Est et de la victoire des États-Unis.
Source : Hachette technique
Image de la destruction du mur de Berlin, symbole de la guerre de la Guerre Froide
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